Pierre Lefèvre

 (Etterbeek 1926-2005)

Classer Pierre Lefèvre n’est pas chose aisée : naïf pour certains, brut pour d’autres, académique pour quelques-uns. Son œuvre s’insère difficilement dans une catégorie. Autodidacte, sans l’être, il pratique son art en toute ingénuité, avec un don inné de la couleur, un sens aigu de l’observation et une force corrosive proche de l’expressionnisme.

Instinctif et rebelle, il manipule un nombre restreint de concepts esthétiques. Il rejette la profondeur, applique des perspectives multiples et inversées, procède par étagement jusqu’à la pleine occupation de l’espace, tout en veillant à la lisibilité narrative de son sujet. Il a horreur du vide et le comble par une table basse, une valise, trois canards ou une poubelle. Dans un même souci décoratif, il use de damiers colorés en guise de pavement, de frises de tête de mort ou de grands rideaux théâtraux, qui, tout en ornant, dramatisent son propos.

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