À PROPOS

Le Musée d’Art Spontané voit le jour grâce à des moyens limités, du travail bénévole et beaucoup d’enthousiasme. L’aventure démarre en 1962 à l’initiative de Madame Mimi de Néeff qui entre en contact, de manière inattendue, avec le peintre naïf Pierre Lefèvre, dont l’oeuvre lui témoigne un bouleversement palpable. Madame De Néeff note à ce propos que son œuvre émouvante et agressive suscite non seulement son admiration, mais aussi un sentiment de confusion. Confrontée à tant de simplicité, elle décide d’aider ce peintre à se faire connaître d’un public plus large ; elle organise pour lui des expositions dans toutes sortes de centres culturels, de galeries et attire progressivement d’autres peintres naïfs et spontanés. Ainsi née l’ASBL Maison des Arts Spontanés et Naïfs qui trouve abri dans la Maison des notaires à Bruxelles. Ensuite se développe l’idée de fonder un musée d’art spontané qui investit un espace à la ‘Médiatine’ dans une commune de la banlieue bruxelloise, Woluwe-Saint-Lambert.
Au décès de Madame Mimi de Néef, en 1992, le flambeau passe à sa collaboratrice, Madame Catherine Schmitz. La collection permanente s’accrut d’achats, de dons et l’initiative est soutenue par les artistes et la presse. Un immeuble du boulevard Léopold II à Molenbeek se libère, le chemin est ouvert pour un musée digne de ce nom.

Promouvoir toutes les formes d’art spontané et naïf en essayant de donner aux artistes qui ne se sentent pas à l’aise dans le milieu artistique ordinaire la possibilité de déployer leur talent tout en permettant au grand public d’être sensible aux formes non académiques propres à l’art improvisé, tel est le but de ce musée qui n’est donc pas seulement un espace abritant une collection permanente mais aussi une institution d’accueil où, par le biais d’expositions temporaires, les artistes spontanés peuvent montrer leurs œuvres.

En 2004 le Musée déménage rue de la Constitution à Schaerbeek. Le patrimoine comprend aujourd’hui plus de 1500 oeuvres, de nombreux ouvrages et une réserve de documents de peintres marginaux. Le musée est doté d’un service éducatif qui peut accompagner les visiteurs belges ou étrangers lors de leur visite et qui organise des visites guidées pour écoles. Cet aspect éducatif est important parce que les enfants sont sans doute les plus réceptifs à ce genre d’art non compliqué.

Ludo Bekkers – Septentrion, 1996