EXPOSITION

18.11 > 09.12.2022

dévernissage vendredi 9 décembre 2022

Crónica de mis huellas

d’Indiana Fabre

Dévernissage en musique le 9 décembre 2022 de 17h à 20h
Festoiement autour de rituel Bolivien et Brésilien en l’honneur de la Pachamama, déesse de la Terre et Iemanja, déesse de l’océan

Avoir la capacité de percevoir derrière la devanture de l’être c’est voir, les yeux fermés, le prolongement du bras à la main, de la main aux doigts, à la respiration que dépose son consentement. C’est une conscience qui m’est arrivé bien tard, comme un étonnement, une surprise instantanée. 
Je suis née en novembre de 1947 à Santa Cruz en Bolivie : ses hauts plateaux de l’Altiplano, sa jungle amazonienne et une mémoire collective qui vient de très loin et dont le pays est fier. Mon père, militaire de carrière, m’a enseigné à me tenir débout et ma mère m’a initié à l’Art. 

Arrivée au Brésil (Rio de Janeiro) à 3 ans, accompagnée de ma mère et de mon beau père, tous deux artistes et intellectuels ; j’y rencontre l’océan, les Favelas, l’Umbanda et le Quimbanda aux rituels afro-brésiliens…
Puis la vie à São Paulo, l’immensité de la ville et le regard posé sur l’extrême pauvreté des familles qui arrivent du Nord, dans le vain espoir de trouver du travail. Grâce à la xylogravure, que le maître Livio Abramo m’a enseignée, je pouvais exprimer ma révolte face à ses injustices. Sélectionnée, pour une première exposition collective à l’âge de 14 ans, je fais mon entrée dans la cour des grands (« Salaõ de Arte Moderno» Santos-São Paulo). 
Vient ensuite le retour en Bolivie à La Paz en pleine période de guérillas. J’y rencontre Gilbert Favre, un musicien qui m’inculque son amour pour le Valais et la vielle ville de Genève. Mariage ! Ode à la vie ! 
Avec son groupe, « Los Jairas y Dominguez », Gilbert donne un concert en Suisse, suivi par bien d’autres contrats en Europe. Pendant ce temps, j’apprends l’eau-forte au centre de la gravure de Genève, et delà, de nombreuses expositions

Alors, vient le temps du changement, les uns et les autres s’en vont, se meurent pour toujours. Une sorte de solitude s’installe, mon fils reste à Genève pour continuer ses études à l’université. Grâce à mon matériel de peinture, je poursuis mon chemin de-ci de-là, de salons collectifs en expositions personnelles. Je trouve une petite maison à Saint Cyprien en Dordogne où je peux travailler en paix. Naissance de la série « Sentiments contraires » et aussi la création des encadrements en verre réalisés avec la technique de Tiffany.
Mon bonheur est fait de pleins de petites choses comme l’arrêt d’une personne qui scrute mon tableau dans le moindre détail ou qui apprécie l’une de mes sirènes musiciennes. Merci à Catherine Schmitz d’avoir un jour posé son regard dans mon univers pictural. 

Je réalise que j’ai 74 ans, le temps a passé très vite et je n’ai pas fini ! 

Indiana