mars 2009 Prix CKiss

Claudine Kissinger

La femme
Claudine Kissinger évoque sa petite enfance en termes durs parfois crus mais toujours avec émotion et bonheur. S’il est question d’un père décédé qu’elle n’a pas eu le temps de connaître, de sa maison qui s’écroule sous les bombes de la guerre 40 ou du quartier de la gare à Luxembourg-ville fréquenté, alors, par les poivrots titubants et malades; elle insiste aussitôt sur l’amour débordant de sa mère, sur la gentillesse et la tendresse de ses voisines prostituées et sur l’amitié franche et directe des enfants des rues. Rebelle par nature, elle ne sait ni se soumettre à l’autorité ni respecter les convenances surannées. Elle croque la vie à pleine dent et «pousse comme une mauvaise herbe au milieu d’un champ abandonné». Elle raconte aussi volontiers : ses amitiés et ses amours des deux sexes, son mariage à 20 ans enceinte et orpheline, son fils qui la quitte et son ménage qui ronronne un peu trop à son goût.

L’artiste
En 1980, elle décide de se lancer dans la peinture. Esthéticienne de profession, c’est par la couleur qu’elle aborde la peinture. Après une courte formation en peinture murale à l’académie de Boisfort elle poursuit ses recherches en autodidacte.
Wim Toebosch a écrit à son propos « ...Les œuvres de Kiss filent un peu dans toutes les directions avec une spontanéité de geste et une dilution de couleurs débridées. L’anti-discipline est à l’honneur, avec des figures humaines aux formes et aux proportions volontairement... déformées, un manifeste plaisir à laisser les lignes vivre leur vie et les couleurs se répandre à leur guise. »
 

Exposition de la série des femmes
Intitulées « La pudique », « La sauvage », « La sensuelle » ou « La morte improviso », ces peintures de grandes dimensions (autour de 120x80cm) font partie d’une série offerte par CKiss au Musée en juin 1997. En 25 tableaux, l’artiste projette, ses rêves, ses espoirs, ses déceptions et ses colères par rapport à la vie, à la société et à la condition féminine.
Ce sont des œuvres de jeunesse réalisées à l’émail pour carrosserie sur des panneaux d’aggloméré. On y découvre, déjà, le tempérament de Claudine Kissinger fait de fougue, de spontanéité, de fantaisie et de passion.
 

Prix  CKiss
La sororité n’est pas un vain mot pour CKiss, aussi sa solidarité avec les femmes, elle désire l’exprimer financièrement. En ce début d’année 2009, elle a fait don au musée d’une somme d’argent devant permettre l’organisation d’un prix.
Le prix CKiss sera créé afin d'encourager une artiste féminine d’âge mûr qui aura développé une recherche d’expression picturale, originale et spontanée.

 

Exposition du 5 au 28 mars 2009